Brochure SUD – D’autres grèves sont possibles

  Je profite du fait que le syndicat SUD a répondu à mon mail (actuellement il est le seul, d’ailleurs) pour étoffer un peu ce blog.Voici donc le premier extrait de leur brochure datant de 2004, qui réunit de précieuses informations sur le droit de grève :

 

La continuité du service public, plusieurs fois les cheminot-e-s ont décidé de l’assurer durant des conflits sociaux, à travers des formes d’action originales. A chaque fois, ils/elles ont été sanctionné-e-s durement car leur mouvement était taxé d’illégal.

LA GRÈVE DE LA RÉSA.

En novembre 1986, les agents commerciaux à qui la direction avait décidé de supprimer l’indemnité de saisie, ne se mettent pas en grève totale ; ils/elles continuent à délivrer billets, informations aux usagers mais plus les réservations et les suppléments. Chaque jour, une assemblée générale d’une heure leur permet de faire le point sur l’état du mouvement en France, de débattre, de décider des suites. La direction SNCF tente de briser le mouvement, adressant des mises en demeure aux « grévistes » qui  » n’accomplissent pas leur service  » et avise les cheminot-e-s qu’elle les considère en  » absence irrégulière  » …

L’action durera presque trois semaines, se terminera par la victoire des agents commerciaux qui, ainsi, depuis bientôt 18 ans, touchent chaque mois une indemnité de saisie dont la direction avait décidé la suppression. Les pouvoirs publics, la direction de l’entreprise sont-ils prêts à reconnaître cette forme d’action (à réactualiser aujourd’hui, le mécanisme de délivrance des titres de transport n’étant plus le même) qui n’empêche pas les trains de rouler ?

LA GRÈVE DE L’ASTREINTE.

Quelques années plus tard, et à plusieurs reprises, les agents de l’Equipement ont développé un nouveau type d’action consistant à se mettre en grève 59 minutes avant la fin du service du vendredi jusqu’au lundi matin, heure habituelle de la prise de service. Pendant la période de grève, les agents n’assuraient donc pas les obligations de leur contrat de travail dont faisait partie l’astreinte. Dans certains sites, de telles actions ont duré plusieurs mois. Après un long parcours judiciaire, ce type d’action a été jugé licite ; mais à l’époque, la direction appuyée par le syndicat majoritaire, avait considéré illicite cette action et sanctionné les grévistes.

LA GRÈVE DE LA PINCE.

Les agents de trains aussi ont expérimenté une forme d’action autre que la grève totale. Continuant à assurer leurs fonctions de sécurité et d’information à bord des trains, ils/elles refusaient de contrôler les billets, c’était  » la grève de la pince « . Les trains roulaient, le service aux usagers était assuré… et là encore, la direction s’est empressée de sanctionner pour  » service non fait « . Les pouvoirs publics, la direction de l’entreprise sont-ils prêts à reconnaître cette forme d’action qui n’empêche pas les trains de rouler ?

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