Grève du zèle : l’exemple des professeurs

  Extrait du site : http://www.cafepedagogique.net 

  La grève du zèle consiste à respecter scupuleusement le règlement intérieur d’une compagnie ou d’une administration, afin de le détourner sans l’enfreindre. C’est donc un moyen de revendication « malin » qui a toute sa place sur ce site. D’autres articles suivront sur ce même thème…

  S’il faut rappeler l’origine de ces mouvements de protestation, voici un petit résumé de ce que prévoyait la réforme Robien :

« Le projet de décret  a deux effets sur les enseignants : il réduit de façon sensible leurs revenus : le ministère évalue à 1500 euros la perte annuelle. D’autre part il impose au collège la bivalence selon les besoins du service, c’est-à-dire qu’il touche directement au savoir-faire et à l’identité des enseignants.

Techniquement, le décret réduit de façon drastique l’attribution de l’heure de première chaire aux seules classes préparant une épreuve du bac, excluant les autres classes de lycée et les BTS.

Le calcul des majorations horaires ne se fait plus sur une classe mais sur une « division ». Par exemple, tout professeur qui enseigne 8 heures ou plus devant des divisions de moins de 20 élèves voit son service majoré d’une heure. Le cumul de ces deux mesures va frapper de plein fouet certains professeurs des sections technologiques par exemple…

Les heures de laboratoire d’histoire-géographie sont supprimées. Celles de SVT et physique-chimie, suite aux réactions des associations professionnelles, semblent momentanément sauvées. Momentanément, car un nouveau texte met à la discrétion du recteur la gestion de ces heures pour des actions d’éducation et de formation sous contrôle précis de l’administration. Si l’on suit les recommandations des audits qui sont à l’origine du projet de décret, ce texte devrait permettre d’attribuer à des enseignants des tâches administratives, de coordination ou d’appui aux corps d’inspection, générant ainsi une suppression de postes administratifs.

Les professeurs en perte de service et les TZR pourront se voir imposer d’enseigner dans une autre discipline selon les besoins des établissements. Le décret introduit donc la bivalence officiellement avec la possibilité de l’imposer à tout professeur de collège.

En EPS, les 3 heures d’activités sportives ne sont plus de droit mais soumises à contrôle et acceptation par le chef d’établissement. Les heures de coordination rentrent dans le système de déclaration rectorale évoqué ci-dessus. »

  Ce à quoi certains enseignants ont répondu, entre autres, par ces méthodes :

« A quelques jours de la manifestation du 8 février, les enseignants sont-ils en train de durcir le mouvement ? Pour avoir une vue plus complète, le Café recueille vos témoignages ». Vous avez répondu à cette demande du Café et signalé des actions en cours dans des établissements contre le décret supprimant les décharges des enseignants. Vous pouvez continuer à le faire !

Ce premier tour d’horizon montre que des actions spontanées ont bien lieu sur l’ensemble du territoire mais sont limitées en volume. Elles ne semblent concerner que des lycées.

Souvent ce sont les examens blancs qui sont ciblés, puisque certaines décharges disparaissent des classes de seconde et première. C’est le cas par exemple dans des lycées de Gondrecourt (59), Meylan (38), Rennes (35), Villefranche sur Saône (69) etc.

Ailleurs les professeurs assistent passivement aux conseils de classe ou refusent de remplir les livrets. Parfois, mais cela semble plus rare, les enseignants rendent les devoirs corrigés mais ne communiquent plus les notes. C’est le cas par exemple dans un établissement d’Orléans. »

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